ND de Beauver
 

Là-haut dans la montagne il y a une chapelle.


On l’aperçoit de très loin dans sa robe blanche, entre ciel et terre, posée sur un sommet escarpé. Elle attire chaque jour pèlerins, touristes, randonneurs….


La vierge Marie est fêtée en ce lieu sous le vocable de Notre-Dame-de-Beauver. Son origine nous échappe. Déjà en 1316 il est fait mention de la « draye » (sentier) de Notre-Dame-de-Belli visus » qui est donné comme confins à certaines terres « hermes », bois, dans un acte notarié de l’époque en bas latin.


Viennent les vicissitudes du temps. On sait qu’en 1603 la chapelle, ruinée pendant les guerres de religion, est reconstruite ; qu’en 1666 on agrandit le sanctuaire ; qu’en 1760 on refait la façade abîmée par la foudre.


À plusieurs époques, des ermites se sont réfugiés à son ombre et y ont vécu. Jadis dans la chapelle, une vierge en pierre très ancienne (XVIe siècle) était occasionnellement descendue par les familles de Rousset qui attendaient de Marie une aide, une protection dans des moments difficiles, de détresses. Elle était accueillie et l’hôtesse vénérée par la famille pendant quelques jours, quelques semaines, voire plusieurs mois ; des personnes du village s’en souviennent encore.


Une longue liste de guérisons, miracles, bienfaits est attachée à la dévotion à Notre-Dame-de-Beauver.


Tout cela pour dire l’attachement viscéral que les habitants de Rousset et des environs éprouvent envers la vierge Marie dans le sanctuaire de Beauver.


La chapelle, bâtie sur un sommet difficilement accessible et dans des conditions rudimentaires est toujours debout. « La pluie est tombée, les torrents sont venus, les vents ont soufflé et se sont jetés sur cette maison ; elle n’est point tombée car elle est bâtie sur la pierre » (Mt 7,24).


En effet, elle est bâtie sur la pierre… mais il y a une association qui veille au grain, qui emploie du temps, de l’énergie à maintenir ses murs, son intérieur…


Et notre paroisse peut à juste titre, s’enorgueillir d’être sise à ses pieds d’où son regard ne se dérobe jamais. On n’arrive au sanctuaire qu’en mettant un pied devant l’autre. C’est unique. Ainsi, le pèlerin d’aujourd’hui, comme ceux qui depuis sept siècles pèlerinent vers Notre-Dame-de-Beauver, le font avec humilité et confiance, et tous, parodiant Péguy, pouvons lui adresser notre supplique :


« Quand nous aurons grimpé les dernières montées
Quand nous aurons sué les dernières sueurs
Veuillez vous rappeler, reine de la promesse
Le long cheminement que nous faisons vers Vous »


P. Mourier


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